POURQUOI CE TYPE M'A FAIT UN SIGNE ?

( Suite et fin )

 

Traduit de LINK Magazine ( printemps 2004 )

par Martine SPEISSER

 

 

 

Des lieux comme le fameux Ace Café, Johnson’s, The Saltbox, The Busy Bee, The Cellar, the Virginian, et d’autres sont devenus leur « deuxième maison » pour beaucoup de motards et de passagers.

Non seulement ils étaient bien accueillis, mais personne ne les harcelait s’ils traînaient  pendant des heures devant une seule tasse de café.

A ces lieux de rencontre, il y avait habituellement quelques garçons et filles qui savaient se débrouiller en mécanique. C’était fréquent de voir une ou plusieurs motos démontées à des stades différents durant le jour et la nuit.

Et quelque soit la gravité de la panne, elles semblaient toujours être réparées.

C’était cette amitié, et vraiment le réel besoin de cette solidarité qui a amené le fait de saluer en moto. Vous faites signe pour montrer que vous avez vu l’autre moto, pour lui faire savoir que vous aussi faites partie de cette importante confrérie. Pour faire savoir à l’un et à l’autre, qu’en cas de besoin vous seriez là, librement, instinctivement et volontairement.

Un signe de la main ou un appel de phare d’une moto qui roule signifie :

« Salut, ça va, et toi ?».

Un signe de quelqu’un sur le bas-côté de la route signifie «J’ai besoin d’aide, j’ai des ennuis » et il y avait toujours une réponse par un motard qui s’arrêtait.

A cette époque, avant l’invention du téléphone portable, c’était le seul moyen de faire savoir que vous aviez des ennuis. Même les téléphones publics étaient rares et souvent très espacés les uns des autres, spécialement en province.

Bien souvent, l’aide que vous apportiez à un motard en rade était de réparer très vite.

J’ai découvert cela moi-même il y a des années, lorsque je me suis arrêté pour aider un motard en panne et que j’ai réussi à solutionner la panne. Je suis reparti alors qu’il remettait tout son attirail de motard quand soudain ma propre moto est tombée en panne et que le robinet d’essence cassé est tombé. Un court instant après, le motard que je venais juste d’aider est arrivé et a pu m’aider à réparer ma moto.

J’étais bien sûr heureux de m’être arrêté pour l’avoir aidé !!!

Aujourd’hui, à notre époque de « super-solidité » des motos, des téléphones mobiles, des dépanneuses spécialisées pour motos, le fait d’être accueillis partout, il n’y a plus le même besoin de se faire signe ou de faire appel de phare, mais c’est toujours sympa d’être perçu comme faisant partie d’un « club » spécial, le club international des Motards. Une race à part, une race meilleure que Monsieur tout le monde.

Donc, la prochaine fois que vous verrez un pote motard sur une route de campagne, faites lui signe et faites vous en un ami.

 

 

Et bien sûr, laissez le se demander :

 

 

« Mais pourquoi ce type m’a fait signe ? »